À Bitam, dans le nord du Gabon, les femmes jouent un rôle central dans la sécurité alimentaire grâce à la culture et à la vente du manioc. Pourtant, celles qui nourrissent la ville se retrouvent dans une précarité alarmante.
Une économie de survie
Faute d’espaces aménagés dans le marché, ces commerçantes exposent leurs sacs de manioc à même le sol, sous la pluie ou le soleil brûlant. Malgré leur labeur, leurs revenus sont dérisoires. Chaque sac vendu entre 6 000 et 7 000 FCFA est grevé par des charges lourdes : frais d’extraction, transport, déplacements personnels et taxes municipales. Au final, beaucoup travaillent à perte, sacrifiant leur santé et leur énergie sans bénéfices réels.
Une taxation insoutenable
La taxation actuelle pèse comme une injustice. Ces femmes demandent une réforme simple mais vitale : l’instauration d’une taxe fixe comprise entre 500 et 1 000 FCFA, à l’image de ce qui est appliqué aux vendeuses de manioc en paquets. Une mesure qui leur permettrait de respirer, de sécuriser un minimum de revenus et de continuer à faire vivre leurs familles.
Un enjeu de souveraineté alimentaire
Soutenir ces mères commerçantes ne relève pas uniquement d’une question sociale : c’est un choix stratégique pour le pays. Valoriser les terres gabonaises, encourager la production locale et renforcer la souveraineté alimentaire passent par la reconnaissance et la protection du travail de ces femmes.
Le mot de la Voix des Femmes
Les femmes de Bitam ne demandent pas l’aumône, mais de la justice et de la dignité. Elles veulent continuer à nourrir la nation, mais dans des conditions humaines et équitables. Les écouter et les soutenir, c’est investir dans l’avenir du Gabon.